• Galerie L'Entrée des Artistes

Céline Ranger - A Tire d'Ailes....




Après une enfance et une adolescence qui révèlent sa passion pour le dessin, la sculpture et la peinture, Céline Ranger part à Paris suivre des études supérieures d'arts appliqués à l'Ecole Boulle puis à l'Ecole Estienne. Elle étudie également pendant plusieurs mois au National College of Art and Design à Dublin. Elle travaille ensuite pendant près de huit ans comme graphiste au pôle créatif dans différentes agences de communication.

La peinture, telle une amie fidèle sera toujours là pour l'accompagner au point qu elle finira, en réponse à une nécessité viscérale, par se consacrer totalement à son art.

Fin 2006, elle rentre en galerie et l histoire s'emballe...

Depuis, elle fouille, creuse, telle une archéologue, interroge, inlassablement au travers de portraits les infinies facettes de l'âme féminine. Elle révèle l ineffable, déambule sur le fil de l'intime, joue de ses ramifications, ses profondeurs, ses paradoxes....

Sa peinture révèle une facture « maîtrisée », riche, alliant avec finesse, glaçis vaporeux et jeux subtiles de matière...

Au delà, du masque « esthétique », elle effleure du bout des doigts le noyau... tapi : le sacré...




Comment es-tu venue à la peinture ?


Ayant fait des études en Arts appliqués (école Boulle et Estienne/Paris), j’ai toujours pratiqué en parallèle de mon premier métier (graphiste) des lavis ; j’aimais, tout comme Victor Hugo, associer aux encres d’autres composants et regarder leurs interactions. Je travaillais déjà autour de l’humain ; la tête, le visage… déjà me fascinaient, dans leur singularité, dans leurs recoins infinis.

Après 8 ans en création dans des agences de communication, j’ai ressenti le besoin impérieux de me consacrer entièrement à la peinture.

J’ai crée et montré assez vite mon travail. Tout s’est ouvert alors.

Je trouvais magique, le fait que mon besoin, qui était de coucher quelque chose en peinture, puisse se prolonger au-delà, trouver son propre chemin chez l’autre au point que celui-ci ressente le besoin de l’acheter, de se l’accaparer…






Tu peins de superbes femmes qui semblent d’une autre époque, d’un autre monde. Travailles-tu avec des modèles ? Quelles sont tes sources d’inspiration ? Quels sont les éléments qui nourrissent ta vision ?


Est-ce l’enseignement « classique » reçu, allié à ma propre nature qui ont ancré mon travail dans des formes plutôt passéistes ?

Je me sens proche de mouvements comme les symbolistes, les romantiques…

le point de départ peut être une émotion, la lecture d’une pièce de théâtre, poésie, roman, visionnage d’un film, une rencontre, une histoire rapportée…

J’essaie de rester ancrée et réceptive aux récits de vie des gens. Attentive à ce qui vient se déposer. Peut être ai je envie de saisir cette « puissance de vie » qui nous anime, mais aussi nos paradoxes, nos fêlures, nos tragédies de surface, souterraines… ce qui nous tient, nous élève, nous anéantit.

Saupoudrer ces portraits de tous ces ingrédients en filigrane.

Un hommage aux femmes, à la femme, à ces héroïnes de tous les temps, de ces combats, porteuses de vie.

Le travail de portraitiste n’est pas le mien, ne me concerne pas ; mes portraits sont oniriques. La réalité sert de point de départ, mais je m’évade, m en écarte. Je peux parfois être troublé par un geste, une présence. Je me souviens de cette petite fille croisée sur une brocante, rousse, à la peau diaphane ; Sortie de je ne sais où, d’une aura incroyable qui transcendait de sa présence les autres enfants. Là, pour moi, alors une perle s’offre à moi ; saisir cet instant là, puissant et fugace.

Le garder comme un trésor pour le transposer plus tard mûri.

L humain : » un puits sans fond à explorer »

Un visage. Est un paysage.

Quelle complexité, il nous est donné pour la vie, il fait parti intégrante de notre personne, témoin e notre singularité, on le donne à voir à l’autre quotidiennement, mais à soit peu (excepté le miroir…).

À la fois le plus exposé, et le plus intime, riche de ses infinies facettes, témoins de notre complexité intérieurs.






Tu as fait le choix de peindre sur bois. Comment en es-tu venue à prendre cette décision ? Quelles sont les particularités de ce support ?


Le bois s’est tout de suite imposé à moi, comme support, comme une évidence là encore ; je ne supportais pas de devoir rentrer dans des formats prédéfinis (formats standards de châssis) de plus le grain de la toile, jugé trop lisse ne me convenait, correspondait pas ;

Il me fallait un support stable, avec lequel je puisse faire une sorte de corps à corps ; la matière est inhérente à mon travail ; que je puisse griffer, poncer, gratter…

le bois était, est ce qui convenait le mieux.

La toile déjà dans son grain, ses fibres reste trop fragiles et peuvent se modifier (contracte, se dilate) ;

L’œuvre prime, le cadrage arrive ensuite, conforter mon intention.

La taille choisie de l’œuvre, grande ou petite dépend de mon état, énergie du moment, de la composition, un plusieurs personnages, etc.

j’aime beaucoup les formats effilés, longilignes, que je trouve élégants., harmonieux, qui nous ramènent peut être aussi inconsciemment vers cette verticalité, terre/ciel.

Un petit cadrage serré en vertical viendra conforter l’idée en filigrane d’une porte entrebâillée, d’une ouverture sur une intimité






Perçois-tu une évolution dans ton œuvre ? Dans quelle direction as-tu la sensation de te diriger ?


Au début mes sujets tournaient déjà autour de l’humain, mais ils semblaient évoluer dans un monde souterrain…

Les couleurs étaient alors sourdes : terre de Sienne, ombre brûlée, vert olive, etc., lié à la terre. Un monde en gestation, germination.

Depuis, les tonalités, les sujets semblent s’être éclaircis, montées en couleur plus franches.

Des couleurs lumineuses, franches sont apparues chaudes, rouges, orange… ou à l’opposé des froides : bleues, verts… violet

comme si quelque chose était sorti de terre, avait grandi vers la lumière.

On peut aussi parfois trouver des compositions aux tonalités très claires, peut-être plus spirituelles, des présences/absences

Des rajouts de papier, d’affiches sont venus depuis quelques années accompagner, la présence de ces personnages. Ces matières viennent comme une seconde peau, fragile, témoin eux aussi d’un instant fragile, fugace, nous rappelant à notre propre finitude.




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